La NASA poursuit son programme ARTEMIS avec la mission Terre Lune qui consiste à envoyer un vaisseau spatial en orbite lunaire et de le ramener sur la terre. Cette mission doit valider un prochain vol habité en 2025 avec un équipage pour se poser sur le sol lunaire.

Cette semaine l’ensemble lancé se trouve à 350000 kms de la terre et devrait vendredi prochain se déplacer en orbite lunaire. ( Daniel MARY )

Présentation de la mission

Départ de la fusée SLS de Floride

Nous y sommes ! La Nasa a enfin réussi à faire décoller sa fusée et son vaisseau spatial pour un vol inhabité autour de la Lune. Avec eux, c’est en fait tout le programme Artemis qui prend son envol.

Initié par le gouvernement de Donald Trump, Artemis est un gigantesque programme visant à renvoyer l’être humain sur la Lune, un demi-siècle après la mission Apollo 17. L’objectif premier était de fouler le sol lunaire d’ici 2024, mais de nombreux événements ont perturbé le calendrier, repoussant l’objectif prévisionnel.

Quel est le but de la mission ? Quels sont les partenaires ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? À quoi s’attendre dans les mois et années à venir ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le programme Artemis.

Les objectifs de la mission

Envoyer des humains sur la Lune, la Nasa sait le faire depuis 1969, année où Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont foulé le sol lunaire pour la première fois. L’objectif de la Nasa pour la mission Artemis est bien différent et beaucoup plus ambitieux.

Construire une base lunaire

À l’issue des nombreuses missions prévues jusqu’en 2028, l’agence spatiale étasunienne espère mettre en place des avant-postes permanents sur la Lune et dans son orbite, servant de relais pour une exploration spatiale plus lointaine (suivez notre regard vers Mars, la ceinture d’astéroïdes…). Pour y parvenir, la Nasa doit résoudre plusieurs problèmes telles que la production pérenne d’énergie ou l’alimentation en oxygène et en eau.

L’une des limites majeures pour l’exploration spatiale habitée est la capacité d’emport des fusées (ou charge utile). Comme la gravité de notre très proche voisine est bien inférieure à celle de la Terre, les choses pèsent moins lourd sur son sol (six fois moins). Ainsi, si l’on pouvait générer de l’oxygène sur la Lune, par exemple, et faire le plein sur place, cela permettrait de gagner en charge utile au décollage en direction de l’espace profond.

Illustration des astronautes au pôle Sud de la Lune.

© Nasa

La Nasa prévoit d’installer sa base au pôle Sud de la Lune ; un choix loin d’être anodin, car cette zone profite d’un ensoleillement suffisant pour alimenter les panneaux photovoltaïques de la future base. L’agence étudierait également la possibilité d’implanter des mini-réacteurs nucléaires afin d’être entièrement autonome et disposer de toute l’énergie nécessaire.

Cet emplacement donnerait également accès à des réserves de glace d’eau qui se cachent au fond des cratères. À l’aide d’un robot conçu à cet effet, la Nasa pourrait extraire de l’eau liquide afin de répondre aux besoins humains sur place (hydratation, culture de plantes), mais aussi emmagasiner par séparation moléculaire de l’hydrogène (carburant) et de l’oxygène (comburant).

Selon les experts de la Nasa, le régolite lunaire, soit la poussière de roche que l’on trouve à la surface du satellite, regorge également d’oxygène (40 à 45 % de sa composition), mais il n’est pas exploitable comme tel. Il convient de l’extraire, ce qui permettrait d’assurer un apport en oxygène plus que suffisant, de quoi faire vivre 8 milliards de personnes pendant environ 100 000 ans, selon un rapport. Seul — et gros — problème, cette procédure est extrêmement énergivore, d’où la réflexion autour d’une alternative à l’énergie solaire.

Notez également que la Lune, dépourvue de bouclier magnétique, est constamment frappée par des vents solaires regorgeant d’hélium 3, lequel s’accumule à la surface depuis des milliards d’années. Estimée à plus d’un million de tonnes, la quantité d’hélium 3 présente dans les trois premiers mètres du sol lunaire pourrait théoriquement générer 1000 ans de ressources énergétiques à l’ensemble de la Terre. Cela à condition de maîtriser la fusion nucléaire cependant, ce qui ne devrait pas arriver avant plusieurs décennies. À titre d’exemple les équipes du projet international ITER tablent sur de premières démonstrations commerciales d’ici 2050.

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